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Comment penser votre organisation dans un monde qui ne cesse de changer ?

Lorsqu’une entreprise veut être innovante ou créative pour se développer, elle doit être capable de changement. La grande difficulté, à l’heure où nous voyons de nombreuses transformations (numériques, technologiques, écologiques…), est d’accompagner les personnes dans l’adoption du nouveau cadre mental qu’implique le changement.

Dans un environnement complexe où les mutations sont de plus en plus rapides et où nous vivons à flux constant, notre capacité à s’adapter est alors essentielle. Cela est primordial car désormais la connaissance et l’expérience ne suffisent plus. Le savoir est accessible partout. Ce sont bien plus les capacités à apprendre, réfléchir et interagir pour s’adapter qui feront certainement la différence à l’avenir. (voir les 4C de Jeremy Lamri dans notre article « L’évolution des compétences dans un monde complexe ! »).

 

 

Les entreprises se doivent d’intégrer et d’adapter leur mode de fonctionnement en cohérence avec les évolutions de leur environnement. Elles sont nombreuses et parfois soudaines, comme nous pouvons le voir avec l’adaptation nécessaire face aux conséquences liées au virus CODIV-19.

Pour obtenir cette flexibilité, elles peuvent s’appuyer sur les principes d’une organisation apprenante. C’est une organisation quasiment organique qui s’adapte à son environnement. Elle apprend pour anticiper et se transformer. Ce type de structure est assimilable à un être vivant qui se nourrit d’informations pour adapter son comportement. Elle lutte contre le cloisonnement et la dilution de ses forces pour penser et travailler de manière globale. 

Ce concept d’organisation intelligente et sa pratique se sont développés dans les années 90 et 2000, portés par les travaux de Chris Argyris et Peter Senge. Le concept et la pratique de l’organisation apprenante sont basés sur la réflexion « comment apprendre » faisant suite aux recherches de Jean Piaget sur l’émergence de l’intelligence chez l’enfant, l’apprentissage par accommodation, par assimilation. L’organisation apprenante est un concept relativement ancien, mais qui se concrétise de plus en plus grâce aux méthodes et outils numériques de partage et de conception collaborative.

Il permet de dégager quelques grands principes très utiles dans un environnement toujours plus incertain. Ils sont énumérés dans le livre de Peter Senge « La cinquième discipline ». 

Au niveau de l’individu

La maîtrise personnelle : les personnes dans l’organisation doivent avoir envie d’apprendre.

La remise en cause des schémas mentaux : les préjugés sont remis en cause et il faut l’accepter. 

Au niveau du collectif

L’apprenance en équipe : nous apprenons d’autant plus facilement que l’on échange avec les autres. On échange plus facilement sur nos ignorances et nos savoirs…

La vision partagée : nous rassemblons les envies et désirs personnels et ceux de l’organisation. C’est la capacité de réunir à la fois les visons individuelles, de l’organisation et de la raison d’être de l’organisation.

Au niveau du système

Vision systémique : chaque organisation, chaque individu vit dans un contexte différent. Il faut éviter la vision mécanique des causes et des conséquences. Pierre angulaire, la pensée systémique est une discipline qui consiste à voir les phénomènes dans leur intégralité. Elle permet d’étudier les interrelations plutôt que les éléments individuels, d’observer des processus de changement plutôt que des images statiques.

Plus qu’un modèle, une organisation apprenante est un état d’esprit.

Elle fait l’hypothèse que l’organisation tire son efficacité de sa capacité à réorganiser et à combiner ses ressources et ses compétences, à les renouveler et à en créer de nouvelles. C’est moins l’accumulation de ressources qui importe que la capacité à en inventer de nouvelles.

Elle facilite :

  • La résolution de problèmes en groupe ;
  • L’expérimentation : lancer un projet, faire une expérience pilote, etc. sont des occasions d’apprentissage ;
  • Le fait de tirer les leçons des expériences : prendre le temps de dresser un bilan des succès comme des échecs ;
  • L’apprentissage collectif : clients, partenaires, fournisseurs, etc. ;
  • Le transfert des connaissances : c’est un point crucial. Il faut mettre à la disposition de ceux qui en ont besoin une base qui rassemble les connaissances utiles.

Elle s’appuie sur :

  • Un préalable organisationnel : tous les individus ont le potentiel pour contribuer à l’essor de l’entreprise tout en développant une qualification plus importante, mais ce respect de l’individu ne signifie pas égalité des responsabilités ;
  • Un préalable individuel : cela nécessite de ne pas considérer son savoir comme un pouvoir privé mais comme un atout au développement commun. Apprendre augmente les possibilités pour l’action intelligente.

Chaque avancée dans l’histoire de l’humanité s’est accompagnée d’une certaine conception de l’organisation et du management. Les organisations qui atteindront l’excellence seront celles qui découvriront comment mettre à profit l’engagement de leurs membres et la capacité d’apprendre à tous les niveaux.

Chez Grandir nous nous appuyons également sur l’autonomie des équipes et avons la conviction que chaque employé doit être pleinement lui-même pour apporter une valeur ajoutée à l’entreprise. Se découvrir et s’appuyer sur « ce qui va bien », conduit à oser et s’ouvrir à des idées ou options différentes et bénéfiques pour soi-même et pour l’organisation.

En toute circonstances, individuellement ou collectivement, attendre pour agir c’est reporter des changements qui se feront alors dans la précipitation. Les résultats seront rarement à la hauteur des enjeux. Les profondes mutations que nous vivons exigent d’ambitieux changements. Beaucoup d’entreprises ont payé chèrement leur manque d’anticipation et leur absence de vision.

A partir d’un travail en profondeur qui permet d’établir de nouvelles bases, l’organisation apprenante facilite l’apprentissage collectif et apporte une vision globale et partagée initiés par la remise en cause des schémas mentaux et les réflexes naturels propres à tout être humain, pour engager l’adoption d’un nouveau cadre mental « c’est quand tout va bien, qu’il faut tout changer ».

Retrouvez dans le livre « La boite à outils de l’accompagnement professionnel », Dunod 2018, des conseils sur la création d’un réseau apprenant.

Vous souhaitez en savoir plus sur la mise en place d’une organisation apprenante en fonction de votre propre organisation ? N’hésitez pas à nous contacter !

Par Julien Josseaume, Associé