Grandir

L’évolution des compétences dans un monde complexe !

Par Marie-Luce Barthelémy, Mars 2020

Il nous plait toujours de partir de l’étymologie des mots pour démarrer une réflexion. Ainsi, le mot compétence vient du bas latin competentia qui signifie « proportion, juste rapport ».

Être compétent, c’est donc avoir la capacité de mobiliser des ressources intrinsèques (savoirs, savoir-faire, savoir-faire faire, savoir-être), extrinsèques (faire de l’environnement un allié) et ajustées (sélectionner et mobiliser les ressources ciblées pour atteindre l’objectif) pour réaliser un acte professionnel et atteindre le résultat. La compétence est un processus dynamique.

La compétence est un processus dynamique tout comme notre environnement !

Nous évoluons dans un environnement complexe « produit de la conjonction de trois phénomènes distincts : la globalisation, la révolution des technologies et des sciences de l’information et les changements rapides de notre environnement ». Ali Armand « Confiance et leadership » Editions ESF – 2016.

Le modèle VU/ICA (modèle mis en place par l’armée américaine dans les années 1990) le décrit ainsi :

  • Volatilité, évoque la mouvance rapide des situations.
  • Incertitude, évoque l’imprédictibilité des situations (résultats non garantis, évènements économiques, écologiques, sanitaires…).
  • Complexité : évoque les interactions, la diversité des acteurs, la vitesse des cycles, rendant les situations difficilement compréhensibles.
  • Ambiguïté : évoque la difficulté d’interpréter et le risque de se tromper.

Notre monde en perpétuel mutation nous oblige à nous adapter et à remettre en question nos compétences.

Plus et vite sont nos injonctions quotidiennes

La société de consommation accélère l’obsolescence des objets, des produits, des technologies et des compétences…Il y a trente ans, la durée de vie d’une compétence technique était de trente ans, aujourd’hui, elle est de 5 ans, voire 2 ans à 6 mois ou encore moins !

Des métiers disparaissent (souvent ceux nécessitant peu de qualification) et/ou se transforment.

Isabelle Rouhan dans un article sur « les métiers du futur » de la revue Challenges n°604 évoque trois typologies de transformation des métiers :

  • Les métiers en évolution : Professeur du futur, amplificateur de talents, cyber journaliste, social seller, avocat augmenté…
  • Les métiers en révolution : DRH d’un monde exponentiel, neuro manager, architecte de smart city…
  • Les métiers en innovation radicale : Educateur de robots, éthicien de l’IA, Hacker éthique…

Chez Grandir, nous devenons des amplificateurs de talents.

Alors, dans cet environnement évolutif, comment prenons-nous conscience de nos compétences pour préserver la confiance ?

Prenons conscience de nos mécanismes d’excellence pour servir nos compétences.

Arrêtons-nous et regardons pour chaque activité ce que nous savons, ce que nous faisons, comment nous le faisons, comment nous le faisons faire et dans quelles dispositions nous sommes pour le faire ! Et projetons nous vers ce que nous pourrons faire demain… Développons notre employabilité !  

Que manquerait-il ?

Tout simplement et essentiellement nos qualités d’être pour servir nos compétences, ce que chez Grandir, nous appelons Solidités®. Ainsi par exemple dans nos accompagnements, nous encourageons chacun à réfléchir sur « qui je suis ».

La prise en compte de toute la personne sert le processus dynamique de la compétence.

 

Au siècle dernier, nous avions besoin de savoir pour exécuter et produire. Au 21ème siècle il y a changement de paradigme : le savoir disparait au profit de la capacité d’apprendre à apprendre.

 

Comment faire le lien entre nos compétences et les attendus de ce siècle ?

« L’homme est une machine apprenante et adaptative. Il suffit simplement qu’il s’en souvienne ».

Jeremy Lamry dans son livre « les compétences du 21ème siècle » met en exergue quatre compétences principales : les « 4C »

  • L’esprit critique englobe des capacités d’observation, d’identification, de raisonnement, de sélection de la réponse appropriée. 
  • La créativité, l’esprit créatif est original, sa pensée diverge et innove, l’échec devient opportunité.
  • La communication écrite et orale qui demande :
    • Ouverture : accueillir de nouveaux concepts et idées.
    • Empathie : comprendre l’émotion de l’autre.
    • Protection : favoriser des messages apaisants.
    • Compétences sociales.
    • Inspiration : impulser de l’énergie.
    • Stimulation : intéresser pour faire réfléchir.
  • La coopération : veiller à équilibrer les intérêts individuels et les intérêts collectifs au profit de la performance. Quatre attitudes et valeurs morales sont au cœur de la coopération :
    • « La conscience d’objectifs communs, indispensable pour enclencher une volonté de coopérer.
    • Un véritable échange sur les buts communs pour aligner les objectifs et modalités de la coopération.
    • Une motivation intrinsèque par rapport à des objectifs, sans quoi la coopération est perçue comme trop consommatrice d’énergie.
    • La sensibilité à soi, à l’autre et au contexte pour trouver sa place et le rôle qui créera le plus de valeur pour atteindre l’objectif commun ».

Parmi les 4C, nous reconnaissons les compétences cognitives, émotionnelles, sociales et comportementales qui bien souvent dépendent les unes des autres.

Développer les compétences du 21ème siècle signifie développer notre capacité à apprendre, à réfléchir et à interagir.

Prenons d’avantage conscience de nos compétences, prenons de la hauteur, élargissons nos regards, ouvrons-nous…  Nous serons alors plus libres et confiants pour construire un avenir meilleur…

Alors

  • Où en êtes-vous ?
  • Qu’allez-vous faire ?

Marie-Luce Barthelémy