Grandir

De l’art de rire en entreprise

De l’art de rire

Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez eu le loisir de rire au travail ? Je vous propose un petit exercice : fermez les yeux et revivez cet instant. Quelle saveur a-t-il ? Des souvenirs remontent, un sourire de satisfaction émerge, un bon moment partagé avec les collègues ou ce nouveau collaborateur qui a l’humour facile et bon-enfant…

Vous êtes vous-même ce manager qui avez su, par un mot fin, soulager l’atmosphère, créer l’adhésion autour d’un projet mené jusqu’à la réussite. Plaisir, légèreté, créativité, dépassement, détente. Le rire, en entreprise, est plébiscité pour ses qualités fédératrices [1].

Mais en y repensant bien…, le souvenir de votre dernier rire est légèrement amer. Spontanément vous vous étiez joint à votre entourage. Ce rire vous a échappé. Votre intuition n’a pas résonné suffisamment fort.

Certains parviennent à créer une toile où rieurs et témoins sont pris au piège. Le rire, sur une pente savonneuse : un rieur en quête de reconnaissance aux dépends d’autrui, celui-ci l’utilisant comme arme dans une lutte de pouvoir, un autre par volonté de nuire.

Un jour, un de vos collaborateurs vous sollicite : il est devenu l’objet de moqueries. Au départ les blagues étaient bon-enfant, se souvient-il. Aujourd’hui, l’idée de venir travailler le rend anxieux. [2].

Comment discerner quand rire ? Dans son étude « le rire au travail et l’éthique » [3], Martine Brasseur propose d’envisager une liste de quatre critères : “réciprocité”, “unanimité”, “persistance” et “plein accord préalable” pour un bien-vivre ensemble.

La confiance s’installe alors et le rire se déploie. Utilisé à bon escient, il devient bon et savoureux, il ouvre à plus d’humanité et pétille de créativité pour le plus grand bien des organisations.

Blanche Berthon


Pour aller plus loin :

La réciprocité : il y a deux dimensions. Moqueurs et moqués sont rieurs, et la situation est elle-même un déclencheur du rire.

L’unanimité : le rire devrait être partagé par les trois groupes de protagonistes directement concernés : moqueur, moqué mais aussi témoin.

La persistance : Le souvenir de ce rire reste-t-il agréable ?

Le plein accord préalable : Le rire est consenti et surtout approuvé par les protagonistes

Martine Brasseur, Le rire au travail et l’éthique, étude 2013


[1] https://www.letemps.ch/economie/rire-travail-rendil-salaries-plus-performants-0

[2]LOI n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale

[3]https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=GRH_131_0045

Prendre le temps de me déconnecter ?

Dans son dernier ouvrage, Il nous faudrait des mots nouveaux, Laurent Nunez explique qu’en 100 ans, nous avons multiplié par 4 le temps libre dont nous disposons. En effet, en 1914, nous disposions de 100 000 heures pour apprendre, aimer, prier, boire, rire, lire, voyager. Aujourd’hui, nous disposons de 400 000 heures pour vivre ! Et pourtant, jamais nous ne nous sommes autant plaints de ne pas avoir une minute à nous. Pourquoi n’avons-nous plus de temps libre ? Parce que nous avons eu plus de temps libre. C’est ce grand paradoxe moderne que les Allemands appellent le Freizeitstress. Les stress du temps libre. (…) L’impossibilité de rester sans rien faire »

 

En réponse, notre société hyper connectée nous conduit à une culture de l’immédiateté. Nos écrans nous sollicitent en permanence et nous sommes contraints à la réponse appropriée et adaptée, tout de suite !

Dans notre quotidien professionnel, nous en subissons aussi les effets… Les e-mails pleuvent et il faut apporter une réponse rapide et juste, du tac au tac, ajoutant une pression supplémentaire à chaque destinataire !

En découlent souvent, une impression d’inachevé et d’inabouti et une sensation d’insatisfaction, voire d’échec…

Faire une pause ne doit pas nous culpabiliser. Au contraire, décélérer est nécessaire, surtout si nous bénéficions de d’avantage de temps qu’avant !

Certains font le choix de changer radicalement de vie en se rapprochant de la nature et en retrouvant du sens. C’est ce que raconte Florence Besson dans son livre Toucher Terre.

Tous, nous ne sommes pas appelés à ce changement radical mais tous, nous pouvons stopper quelques minutes notre course folle, cette spirale infernale qui conduit à répondre toujours plus rapidement aux sollicitations de nos écrans… Revenons à l’essentiel : « à la minute même car celle qui suit n’est déjà plus à nous ».

 

Prendre le temps de perdre son temps ! Prendre le temps de s’émerveiller devant la beauté d’un paysage plutôt que d’en prendre une photo pour la partager sur les réseaux sociaux ! Saisir des lieux de gratuité dans notre milieu professionnel ou dans notre cercle personnel. Prendre son temps, tout simplement, vivre l’instant pour lui donner un peu plus de relief.

A la fin de la journée, trouver un temps pour la relecture de ses actes et de ses rencontres, dans le silence, à l’abri des écrans, loin de cette agitation permanente, se ressourcer et retrouver un peu de profondeur !

Kaléidoscope d’un parcours hors norme

Portrait de Renaud du Mas de Paysac, fondateur de Grandir 

 

Descendant des Cincinnati*,
Amoureux de la nature,
Sensible, sans filtre,
Féru d’histoire et d’art,
Doté d’une prescience des affaires,

 

Renaud du Mas de Paysac fonce d’un projet à l’autre, accompagne sans discontinuer patrons ou amis. Vif, aux raisonnements ultra rapides, Renaud fourmille d’idées.

Généreux, entier, enthousiaste, exigeant, parfois insatisfait, Renaud a toujours quelque chose à exprimer, à créer ou à faire renaître. Aider les autres – l’ouverture – le don !

Même quand quelqu’un va bien, Renaud ne peut s’empêcher de lui demander : « qu’est-ce que je peux faire pour toi ? ». Créativité, énergie et don : la genèse de Grandir.

 

Son parcours professionnel affiche quatorze entreprises, dix-neuf métiers, mille six cent accompagnements : une véritable « aventure professionnelle ». Cette trajectoire hors norme affiche aussi ce que l’on ne compte pas, ce que l’on apprécie, ce dont on se nourrit :  le positif des situations, le possible chez l’autre. Deux dimensions sur lesquelles Renaud a bâti son propre développement personnel, mais aussi celui des personnes qu’il accompagne. 

Renaud a appris, compris, expérimenté l’approche positive pour lui-même, en identifiant ses forces, mais aussi en vivant l’accueil inconditionnel de ce qu’il est, en liberté.

« Si je n’ai d’autre attente que d’être qui je suis, en liberté, alors je suis libre et je rends l’autre libre ». « Une expérience que l’on n’oublie pas », ajoute-t-il.

Sa sensibilité exacerbée, son intuition jaillissante lui permettent de décrypter rapidement les zones d’ombres et de lumière en chacun. Renaud se faufile entre les points d’appui** et les failles de ses interlocuteurs, tout en respectant la personne qu’il a en face de lui. Cette facilité lui permet d’aider avec agilité les autres à se remettre d’aplomb, à redonner une impulsion à leur carrière.

 

Humaniste dans les affaires, Renaud développe naturellement son activité d’accompagnement professionnel. Il y est encouragé par son entourage qui lui demande de l’aide pour explorer de nouveaux territoires professionnels. Renaud accompagne alors dirigeants et proches. Il accueille les activités de conseils des uns, co-crée de jeunes pousses avec les autres, tout en ayant un coup d’avance sur les opportunités à saisir, les grands projets au Maroc à la fin des années 70, la micro-énergie dans les années 80, l’affacturage en 95, le déploiement de l’accompagnement professionnel dès la fin des années 90.

Out-placement, coaching de dirigeants deviennent ses activités principales dès les années 2000. Grandir se structure petit à petit : certains rejoignent Renaud pour animer les groupes de consultants, pendant qu’il coache en individuel, anime les groupes Tremplin et Solidités et tisse de forts liens avec Centrale, Les Mines, l’Agro, l’EM Lyon, L’EDHEC et d’autres.

Renaud s’appuie sur la psychopédagogie rogerienne et inculque à ses accompagnés l’identification et la prise de conscience de leurs solidités : « je m’assure que chacun ait compris et se soit approprié la méthode : chacun peut ainsi réactiver ce regard positif sur lui-même et aider les autres à regarder ce qui est positif ».

« Identifier ses points d’appui, les fondements de la libération intérieure », rappelle-t-il.

 

Au long de ce parcours kaléidoscopique, Renaud trouve le temps de s’essayer à l’ébénisterie, la peinture, le chant et même la moto lors de sa vie au Maroc etc. La généalogie le tient en haleine, la rénovation de vieilles pierres le passionne aussi. Renaud apprend chaque jour autant qu’il entreprend.

Sa force majeure : oser, risquer, ne pas avoir eu peur.

Sa plus grande réussite : regarder le possible en chacun. Voir le possible en l’autre le libère de ses limites, lui permet de se projeter. Ceci exige une immense bienveillance, humilité, patience.  

Rendre les personnes autonomes, une de ses plus grandes fiertés.

Aujourd’hui, Renaud continue d’accompagner les « pointures » ; il donne aussi des conseils à l’équipe que nous formons autour de Marie-Luce Barthélémy***, pour continuer à développer Grandir. Marie-Luce pilote le navire, nous fait grandir, Renaud veille à la bonne tenue du cap.

Passage de relais réussi !


* La société des Cincinnati, rassemble un descendant par famille des officiers généraux et supérieurs américains et français ayant participé à la guerre d’indépendance des Etats-Unis.
** Les points d’appui = les solidités
*** Portrait de Marie-Luce Barthélémy 

El Camino ! Grandir sur le chemin

Portrait de Marie-Luce Barthélémy, nouvelle Directrice Générale Grandir

« Si tu n’arrives pas à penser, marche. Si tu penses trop, marche. Si tu penses mal, marche encore » de Jean Giono, pourrait être la devise de Marie-Luce Barthélémy.

Aux origines écossaises et polonaises, Marie-Luce aime le silence, les grandes randonnées, se ressourcer.

Certains diront d’elle que c’est une comète de l’accompagnement. Son premier métier : la formation et la vente, son premier rôle : Mrs Smith dans la Cantatrice Chauve, sa première préoccupation : que chacun ait la joie, la foi en l’être humain, mais aussi la joie et le bonheur au travail.

Une étoile multi-facettes : la poésie, la poésie de l’être, la poésie de l’autre ; le challenge, en relever, dont un et non des moindres : piloter la planète Grandir.

La planète Grandir ? Un des théâtres dans lesquels Marie-Luce accompagne : elle lit, elle décrypte les émotions de ses clients, de même qu’elle revit les émotions de ses héros au théâtre.

Pour notre étoile, l’accompagnement, c’est : « prendre la personne là où elle en est, prendre le temps de travailler sur l’être ». Accompagner et prendre soin de l’autre pour que les émotions émergent en toute sécurité. 

Pour Marie-Luce, accompagner, c’est aussi « partager le pain en marchant dans une direction », soit écouter sans intention, mais avec le cœur ; donner l’espace d’expression dans un espace-temps adapté à chacun, proposer un espace de travail pour se remettre en selle.

 

Dans le cosmos de l’accompagnement, Marie-Luce écrit La boîte à outils de l’accompagnement professionnel*, comme des poèmes. Marie-Luce apprivoise : sa simplicité et son humilité permettent à chacun de retrouver liberté intérieure, confiance en soi. Sérieuse, toute ouïe et appliquée avec ses clients, Marie-Luce fait rire aussi : ses talents comiques se déploient en réunion d’associés.

Ses « drivers », son étoile du berger : le don ! Marie-Luce est constamment en marche : trouver des missions pour les coachs de Grandir, pour que l’équipe s’épanouisse. Trouver l’équilibre entre travailler et faire travailler les autres.

Coach, Marie-Luce utilise des outils simples, mais dont la puissance se révèle lors de chaque accompagnement : l’écoute active et partir de ce qui va bien.

C’est elle que Renaud de Paysac a choisie pour prendre les rênes de Grandir. Il lui reconnaît son don pour l’écriture, sa réflexion conceptuelle, sa prise de décision éclairée. Confiance et liberté teintent leur relation dès les premiers échanges. Ils ont en commun de toujours regarder le possible chez l’autre, de lui apprendre à nommer, à reconnaître ses solidités** comme points d’appui. C’est le chemin d’émergence des talents proposé chez Grandir, pour que chacun retrouve liberté intérieure, autonomie et s’épanouisse.

 

Deux profils zébrés, allant à la même allure, se passent le relais. C’est ainsi que Marie-Luce écrit la suite de l’histoire de Grandir : avec sensibilité, délicatesse et discrétion.

Tout en finesse, elle donne de nouvelles couleurs à Grandir.


* La boîte à outils de l’accompagnement professionnel, Marie-Luce Barthélémy et Hélène Le Pennec, Dunod, 2018.

** selon Marie-Luce Barthélémy, une solidité est « un élément inhérent à la personnalité, une attitude naturelle qui met en paix et donne la sensation d’habiter son corps et sa vie. En d’autres termes c’est une qualité fondamentale avec laquelle nous sommes nés. ».

Pour en savoir plus sur Les Solidités®

Le sens

« Le sens de la vie est la plus pressante des questions », Albert Camus

Le professeur Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, conclut, à la suite d’une enquête qu’il a menée, que l’aspiration première des personnes qui travaillent est : se sentir utile. La deuxième ; trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Attachons-nous dans notre propos à la question du sens (se sentir utile) qui fait également écho chez les personnes, les équipes et les organisations que nous accompagnons.

Ce mot vient du latin sensus (« percevoir par les sens, ressentir ») et en langues germaniques de sen («direction, chemin»).

Le sens comme ressentir    

Le premier pas pour trouver du sens, est d’apprendre ou réapprendre à se connaître pour réveiller ses sens, trouver une harmonie, être libre !

Cette première étape accomplie, je ressens dans mon corps, mon cœur et mon esprit une sensation de paix et de joie parce que je sais où je vais et pourquoi j’y vais. Alors je me mets en marche et je prends un chemin, une direction avec en vue un but à atteindre.

Le sens comme direction

Mon existence prend sens lorsque j’atteints les buts fixés, l’un après l’autre…Jusqu’à approcher au plus près du but ultime…Le bonheur…

Ce qui importe, ce n’est pas seulement de prendre la direction, c’est aussi de passer les étapes successives pour arriver au but. Elles me construisent, je sens une cohérence et y trouve une signification.

Le sens comme signification

Le sens est également synonyme de ce que cela veut dire et de raison d’être ; la raison d’être nous dit le dictionnaire du CNRS c’est « Vivre une vie pleinement humaine, la volonté d’être, le bonheur d’être ».

Ainsi, signifier par des actes le sens que je donne à ma vie me renvoie à qui je suis et à la complexité de mon environnement. Cela me conduit à bien juger pour faire des choix.

Le sens comme capacité à bien juger

Marc Aurèle demande avant de s’engager de « Regarder au fond des choses ; en aucune, que ni sa qualité propre ni sa valeur ne t’échappe ». Et encore « La constitution de l’être raisonnable comporte qu’il ne soit ni prompt à juger, ni facile à tromper ».

La question du sens et le bien juger nous renvoient à la notion de temporalité ; le présent prend sens par rapport au passé et prépare l’avenir.

Ayant tous les éléments en main, je peux donc évaluer avant de m’engager.

Puis-je le faire seul ?

Paul Ricoeur nous dit que le travail du sens ne peut se faire seul, cela ne signifie pas en être incapable. Le sens ne peut émerger que dans la délibération interpersonnelle. Réflexivité et altérité se pensent ensemble.

Il s’agit de co produire du sens… Pour aider les personnes, les équipes et les organisations à se sentir utile

Processus : méditer la poussée des plantes

PROCESSUS: MÉDITER LA POUSSÉEDES PLANTES

 

….Une anecdote tirée du Mencius, qui est un grand texte de la tradition dite confucéenne, du IV ème siècle avant notre ère, de l’époque des stratégistes….

 

MENCIUS NOUS RACONTE L’HISTOIRE SUIVANTE :

 

Un paysan rentrant le soir dit à ses enfants : « Aujourd’hui, j’ai beaucoup travaillé, j’ai tiré sur les pousses de mon champ. »

 

 

Tirer sur les pousses de tout un champ, l’une après l’autre, brin après brin, c’est évidemment fatiguant ; et, quand les enfants s’en vont voir le champ, tout est bien sûr desséché. Voilà l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire, nous dit Mencius.

 

Vous voulez que cela pousse et vous tirez sur les pousses. Vous voulez obtenir le plus directe­ment l’effet, en fonction de l’objectif que vous avez fixé, et, cefaisant, vous ratez l’effet, parce que vous l’avez forcé. Je veux que ça pousse, je tire sur la pousse.

 

En voulant hâter la poussée, agir directementsur elle, je vais à l’encontre duprocessus engagé ; car j’ai contrecarré, enrayé, la possibilité d’avènement ‘sponte sua’de l’effet. Car, bien sûr,la poussée de la pousse se trouvait impliquéedans la situation : elle était dans la graine qui était dans la terre.

 

Au lieu de prétendre intervenir et vouloir me dépenser, il suffisait d’exploiter ce potentiel de laisser mûrir.

 

Il y a ainsi deux écueils à éviter, nous dit Mencius. Soit je tire sur la pousse pour obtenir « directement » la poussée et, par mon activisme finalisé, je ne respecte plus le processus spontané de la poussée : autrement dit, je ne laisse pas mûrir l’effet.

 

Soit alors je reste au bord du champ, à regarder pousser : j’attends que ça pousse.

 

Or, que faut-il faire ? Je répondrai : Ce que tout paysan sait. Ni tirer sur la pousse, ni la regarder pousser ;  Il faut laisser faire(le processus) sans pour autant le délaisser.

 

Mencius nous dit : on bine, on sarcle, au pied de la pousse ; en rendant meuble la terre, en l’aérant, on favorise la poussée. On se garde de l’impatience comme de l’inertie. Ni volontarisme, ni passivité ; Mais, en secondant le processus de poussée, on tire parti des propensions à l’œuvre et les porte à leur plein régime.

 

 

 

François Jullien

Conférence sur l’efficacité

La Bienveillance

par Marc-Antoine de Bagneaux

 

BIENVEILLANCE, VOUS AVEZ DIT BIENVEILLANCE  ?

Le débat fait rage. Ses partisans l’affichent comme un étendard et prédisent que l’avenir est au management bienveillant (mais bon sang, pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ?).
Ses adversaires se gaussent des premiers leur reprochant une idéologie bisounours, ou pire d’être les idiots utiles d’un système économique cynique. Certains livres sont parus sur le sujet, des conférences se préparent.

 

JE  NE  SUIS NI PHILOSOPHE, NI CONFERENCIER

Je vous partage juste une tranche de vie, à laquelle j’ai assisté.Cela se passe dans une usine d’un grand groupe du CAC40. Le genre d’entreprise où postulent presque tous les étudiants des écoles les plus prestigieuses. Une jeune ingénieure est recrutée pour tenir la fonction qu’on appelait autrefois contremaître. Les RH de l’époque lancent en effet un programme de recrutement qui propose aux jeunes diplômés d’expérimenter le management d’ouvriers en guise de début de carrière. Le contexte n’est pas simple pour cette jeune femme : il est sinon hostile, tout au moins sceptique.

 

COMMENT S’Y  EST-ELLE  PRISE A SON ARRIVEE ?

Juste en s’appuyant simplement sur ses propres convictions, elle annonce à son équipe composée de gaillards plus grands et plus anciens qu’elle : « je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre pour faire équipe ensemble et progresser mais je sais que ce que je veux c’est de rester bienveillants les uns envers les autres. »

Et voilà, le mot est lâché (et c’était il y a déjà quelques années). Effet ? comme une goutte d’eau sur un ciré : aucune empreinte en apparence sur ses équipiers, sinon celle de servir de sujet à plaisanterie.

En mission auprès du responsable de production, j’ai la chance d’observer cette jeune manager. Avec entêtement, elle ne lâche pas l’affaire : elle saisit chaque occasion d’expliquer ce que selon elle, la bienveillance apporte dans chaque situation.

Les petites affiches fleurissent dans son périmètre. Et les plaisanteries fusent… jusqu’à remonter aux oreilles du chef de production.

Je vous passe les détails mais dans une telle entreprise, les performances sont suivies de près, équipe par équipe et quotidiennement. Le chef d’Atelier s’aperçoit que si l’équipe de cette manager n’est pas la première à atteindre les standards, elle les atteint et même les dépasse allègrement avec une sorte de jubilation.

Le responsable de production et moi-même, décidons d’interviewer les opérateurs concernés… cela fait environ 6 mois que notre ingénieure pilote cette équipe. Elle est absente quand nous passons dans sa ligne.

Chacun des opérateurs interrogés nous présente les améliorations de son poste. Et tous signalent que les idées viennent plutôt de ses collègues que de lui-même : « moi, je ne me rendais même pas compte que je faisais un faux geste, que je forçais inutilement et d’ailleurs ça commençait à me faire mal au niveau du coude. C’est mon collègue qui me l’a dit… »

Et lorsque nous leur demandons comment ils prennent les idées des autres, plusieurs nous montrent les petits panneaux « équipe bienveillante ».

 

ILS ONT DONC FINI PAR ADOPTER LE MAITRE MOT DE LEUR MANAGER.

De cette expérience, j’en tire que même des actions moquées aboutissent pourvu que le manager soit tranquillement convaincu du bien qu’il apporte à ceux qu’il a en charge.

Ayant eu la chance de travailler en passant des unités industrielles à des départements innovants ou des entreprises de la sphère digitale, je constate que le leitmotiv « soyons bienveillants » peut aussi aboutir dans ces contextes. Prêtons toutefois attention à la difficulté inhérente à ces métiers : le travail en cours n’est pas aussi facilement apparent qu’en usine.

 

C’est en faisant alors apparaître aux yeux de tous le travail de chacun que l’inclinaison au respect mutuel, précurseur de la bienveillance émerge

Coaching, psychologie et pédagogie ne sont pas psychothérapie

Rechercher et poursuivre le développement de la personne : accompagner plutôt que coacher ?

Si la traduction de coach est souvent « entraîneur en utilisant en première définition selon la définition sportive, le Larousse donne en deuxième sens une juste explication avec : conseiller professionnel qui cherche à développer les performances d’un salarié, d’un chef d’entreprise, d’un acteur, etc.

En revanche l’étymologie latine du mot accompagner apporte une lumière à la fois différente et complémentaire : Ac Cum Panis

  • Ad : donne l’idée de direction, d’avancer
  • Cum : « avec »
  • Panis : le pain

C’est avancer avec quelqu’un en partageant le pain, ses difficultés et ses joies, ses progrès et son évolution…

Pour l’entreprise, accompagner les cadres et dirigeants ainsi que leurs collaborateurs, concerne l’aspect professionnel.

Pour notre propos, gardons comme définition de la psychologie : « Ensemble des manières de sentir, de penser, d’agir, caractéristiques d’une personne. Apprendre à se connaître…

 

La connaissance de soi est le socle sur lequel la personne se construit.

Se faire accompagner dans le cadre professionnel, n’est donc pas de suivre une psychothérapie, il ne s’agit pas de soigner des troubles, comme médecin ou thérapeute, mais de prendre en main sa propre évolution.

Etre accompagné nécessite des prises de conscience et pour cela il existe des pédagogies qui font appel à la psychologie (comprendre) et à la psycho-pédagogie (expérimenter, s’entrainer).

L’expérience prouve qu’être accompagné permet une croissance personnelle qui conduit au déploiement professionnel !

Certaines personnes y viennent en ayant conscience d’une insatisfaction professionnelle, d’un malaise latent, d’autres sont en attente, en recherche de quelque chose. D’autres connaissent la mise en place de mécanismes de défense, ressentent une différence, se sentent en décalage ou souhaitent simplement vivre une progression par un processus de libération continue.

Apprendre à identifier ses points d’appui d’un coté et à détecter d’où viennent ce « mal être »… de l’autre, les accueillir (lâcher prise) et les gérer (progresser).

Les situations sont multiples, variées et uniques [1]. Mais pour toutes, une croissance personnelle aura pour conséquence une amélioration professionnelle. Nos vies personnelles et professionnelles sont indissolublement liées, et le développement de l’une profite à l’autre et réciproquement. La cohérence entre les deux est nécessaire.

Le plus : la psychopédagogie offre une méthode qui permet à chacun de Grandir dans le temps et l’espace… De prendre en main sa propre croissance… Pour un mieux-être de soi et des autres »…

 

[1] « …Je suis à la recherche d’un coach pour améliorer la gestion de mon temps et le management de mes équipes…. » SG 

« … Je peux mettre un mot sur mon éternel sentiment de décalage, mais cela ne change pas la situation : je suis en sur-adaptation et je brule beaucoup d’énergie pour m’intégrer dans le monde… » HP

Se mettre en route vers l’autre : quel est ton nom ?

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts ». Isaac Newton

De même génération, du même milieu ou non, dans notre relation amicale ou professionnelle, tu m’invites à sortir de moi-même, à dépasser mes boulevards périphériques pour aller sur ta rive afin de comprendre tes codes.

 

Ta différence fait notre ressemblance

Comment ? Me dis-tu.

Chassons d’abord tous les préjugés, les jugements, les croyances, les représentations… Puis écoutons-nous, nous raconter des situations, des actions vécues et réussies ; nous nommerons chacun avec humilité nos « Solidités® », ces attitudes naturelles qui mettent en paix et donnent la sensation d’habiter son corps et sa vie.

Nous découvrirons combien nous sommes beaux chacun à notre manière, à travers notre diversité.

Ajusté à toi, tu t’ajusteras à moi ; ajusté à moi, je m’ajusterai à toi.

Te connaître toi-même, t’ouvre à me connaître. Me connaître moi-même, m’ouvre à te connaître.

Cela nous permet d’exister (sortir de soi), de vivre, d’être libre, de nous rendre libre…

Souviens toi qu’à la genèse de ce mouvement intérieur vertueux, il suffit juste d’un peu, d’un tout petit peu d’amour…

Et … je t’appellerai par ton nom !

 

Morceau choisi vécu…

Cette année, j’ai joué dans une troupe de théâtre, ils étaient neuf, de 10 à 20 ans plus jeunes que moi ! Encore étudiants et jeunes professionnels. Il y avait un leader, le metteur en scène, exigeant. En nous, il a mis sa confiance. Animés par un projet commun, ambitieux et réaliste, nous sommes arrivés au bout du projet. Nous avons vécu une aventure humaine qui nous a soudés au-delà de nos espérances… En eux, j’ai puisé énergie, patience, accueil, travail…

Eux, ont gagné en confiance, en cohésion de groupe, en simplicité, à oser dire…

Fort de cette ambiance, le public averti écrit : « Nous avons été touchés par vos interprétations si intenses et si justes. A la vérité, ce que nous avons vu nous a plus plu que beaucoup d’interprétations d’acteurs professionnels (par exemple, le Soulier de Satin).

La mise en scène et les transitions ont accompagné le dépassement de chacun avec un talent remarquable. Vous avez été servi par un metteur en scène doué… »

Se tromper dans l’organisation de son entreprise : erreur de stratégie ?

Pendant quelques années, j’ai eu la chance de travailler avec Bernard C. Blanche, à l’époque il dirigeait la filiale cartonnage du groupe Saint Gobain.

C’est de lui que je tiens l’expression CSM, un sigle que je traduirai par erreur stratégique majeure. Il citait quelques grandes erreurs commises par des dirigeants d’entreprise voire des dirigeants de secteurs entiers ayant abouti à la mise en péril de leur entreprise : le Concorde, ce bel avion, prouesse technologique sans marché, ou encore le transport de pains de glaces taillés dans les névés avant l’apparition du congélateur.

Depuis plus de 20 ans, je travaille à l’amélioration des organisations des entreprises industrielles, j’ai forgé sur une idée semblable, l’expression EOM que je traduirai ici par erreur organisationnelle mineure.

Je choisis de les qualifier de « mineures » pour signifier que ces entreprises vivent avec ces défauts… Ceux-ci ne les tuent pas. En revanche, ils font souffrir les personnes qui y travaillent.

Lorsque je traite de l’organisation, je parle bien de l’organisation collective : comment font des personnes pour œuvrer ensemble ? (la répartition des tâches et leur cohérence).

Ainsi, la simple question de la coordination des tâches est à la source de fréquentes EOM.

En voici quelques-unes :

Si par exemple, vous donnez des primes à vos acheteurs selon les économies qu’ils font, ne vous étonnez pas si un jour un lot complet vous est retourné par un client ou si vos lignes de production s’arrêtent de plus en plus fréquemment*.

Une autre EOM souvent rencontrée, dans toutes sortes d’organisations de l’industrie, du service ou en start-up, c’est ce que j’appelle « le nid ». Le nid est un service, un département, un bureau, ou un petit groupe de personnes qui font le travail que personne n’aime faire, et encore moins eux-mêmes ! Pour diverses raisons, ils ont accepté de le faire. Dans le reste de l’entreprise, j’ai souvent entendu leurs collègues faire semblant de croire qu’eux, aimaient ce travail.

Le manager à qui « le nid » est confié interroge alors le consultant sur les manières de motiver son équipe. Le consultant n’a pas de réponse : la question n’est pas posée au bon niveau.

C’est un cas particulièrement intéressant à analyser en terme généalogique : « Qu’est-ce qui a engendré cette structuration aux conséquences si néfastes dans cette entreprise ? ».

Je ne détaillerai pas cette analyse ici mais j’indiquerai juste que ce défaut est fréquemment issu d’actions de la direction et de l’encadrement motivées par d’excellentes intentions. Malheureusement, les intentions sans analyse du système aboutissent en ce cas à une dégradation de l’ambiance et des initiatives au travail.

Une fois identifié ce défaut peut trouver des voies de correction à deux conditions :

  • la volonté du dirigeant et de ses actionnaires de résorber le problème,
  • un travail sur chacun (ses libertés d’action et d’expression pourvu qu’elle soit collaborative).

Ce défaut ne fait jamais l’objet d’une demande de mission d’organisation et c’est donc lors du diagnostic qu’il est relevé. Il réoriente la mission de transformation sur un objectif qui se révèle atteignable.

Ces missions aboutissent parce que chacun de ceux qui s’en emparent sont les mêmes qui la subissent ou qui la créent.

 

* Cas personnellement vécu, pour des cartons d’emballage qui n’avaient pas la résistance nécessaire pour les cartonneuses ni même pour le transport des marchandises. Les acheteurs avaient pris la décision de changer la référence sans se concerter avec la production.

« Je n’ai pas les codes » : témoignages

Quatre personnes ayant pris l’ascenseur social témoignent de leur expérience

« Ce n’est pas pour toi ! » Combien de fois cette formule décourageante a-t-elle freiné les élans de ceux qui voyaient grand ? De très belles personnalités issues de l’ascenseur social et accompagnées par Grandir réussissent professionnellement. Elles n’avaient pourtant pas les codes mais elles ont toutefois réussi à combler ce manque grâce à leurs points d’appui. Lesquels?

Morceaux choisis.

Orlane :

« Je n’ai pas renié qui j’étais, ni ne me suis mentie, ni n’ai menti aux autres. Je suis restée authentique. Issue de l’immigration mais implantée par un heureux hasard à Neuilly, j’étais bonne élève, je me suis fondue dans la masse. Mes parents ne comprenaient pas grand-chose, ils me laissaient faire, ils ont eu confiance. Mes centres d’intérêt, mes passions ont gommé les différences.

Observatrice, curieuse, mon parcours a développé ma sensibilité. C’est un des facteurs qui permet de décoder. J’ai aussi osé demander de l’aide aux personnes qui m’ouvraient leurs portes.

Quelquefois cependant j’ai encore l’impression de ne pas être à ma place alors je puise tout au fond de moi en me disant « si, j’ai tout à fait le droit d’être là ! ». Mais je n’oublie pas la réalité ni d’où je viens : je suis vraie par rapport à cela. »

 

Jérôme :

« J’ai choisi de rejoindre des structures où l’appartenance à une condition sociale, à une caste, à telle ou telle grande école n’était pas un prérequis. J’en ai pris conscience lors de mes études à l’étranger. Loin de ces contraintes, du regard de la société française, tout paraissait possible. Un grand groupe ne m’aurait pas permis de progresser à la fonction que j’occupe. J’ai pu, dans une PME utiliser mes forces, d’abord inconsciemment puis consciemment : mon intuition, mon goût pour le jeu, mon sens du collectif. J’ai navigué au milieu des contraintes. Cependant ma plus grande difficulté a été d’assumer ma progression.

En comparaison avec des personnes issues d’un milieu social plus élevé, le manque de culture (musicale, artistique, littéraire etc.) m’a aussi marqué. Cette culture s’acquiert au fur et à mesure de l’enfance. Est-ce que cela peut se rattraper ? Je ne le pense pas même s’il n’est jamais trop tard pour s’y intéresser. Cela reste un manque, ce n’est plus un obstacle. »

 

Célia :

« Je n’avais pas conscience que l’absence de codes était une barrière et je n’avais pas imaginé que cela pouvait être une difficulté. Lorsque parfois je parle de mon parcours, je ressens un frein face à quelqu’un que je crois important.

En entreprise, parce que j’apporte ma propre valeur, le reste importe peu. Il y a de multiples moyens de contourner ces freins mais cela nécessite d’apprendre des codes, d’apprendre à se positionner. J’arrive à décoder les gens avec lesquels je travaille, je vois comment ils fonctionnent et je peux me comporter de façon adaptée, ajustée. J’arrive ainsi à me mettre à un niveau quasi identique à celui de mon interlocuteur.  Cela passe par la prise de conscience de ce que je suis capable de faire. Ce qui m’a propulsé c’est le regard positif et de bienveillance qui a été porté sur moi par certaines personnes.

Il y a un certain nombre de choses que j’ai réalisées et dont je suis très fière. Je ne raconte cependant pas tout dans ma famille ou mon environnement. Je ne veux pas passer pour prétentieuse, je ne suis pas sure que je serai comprise. »

 

Sonia :

« Mes parents sont analphabètes. Comme il n’y avait pas de livres chez nous, j’adorais lire ! Cela m’a propulsé vers autre chose. Je suis curieuse, chaque chose que je découvrais alimentait un cercle vertueux.

Je n’avais pas de réseau, c’est ce qui m’a manqué. J’ai été obligée de le construire. Je suis devenue pugnace, opiniâtre, acharnée. Quand on me dit « tu ne vas pas y arriver » je me dis « ça c’est un challenge pour moi ! ». J’ai été jusqu’au BTS mais quand j’ai découvert que je pouvais prétendre à d’autres écoles, c’était trop tard. J’ai dû me développer par d’autres biais. Le fait d’avoir 40 ans, d’avoir fait un travail sur moi, je me dis : « une grande école, et alors ? ». Aujourd’hui, cela ne me touche plus.  Auparavant, je me disais « je n’ai pas fait cette école, aurais-je les compétences » ? En contrepartie j’ai bossé deux fois plus.

Ce qui m’aide : je reste loyale vis-à-vis de moi-même et du milieu social dont je suis issue. »

 

Ce que l’on peut retirer de ces interviews : tous ont construit leur évolution à partir du meilleur d’eux-mêmes. S’ils n’avaient pas les codes ou s’il leur manque encore des éléments, cela n’est pas un handicap pour eux. L’ascenseur social est facilité bien sûr par le regard bienveillant de l’extérieur et l’entraide. Il est surtout la marque de personnalités déterminées.

 

Merci à Orlane, Jérôme, Célia, Sonia qui ont accepté de partager en vérité ce qu’ils vivent et ont vécu.

 

 

 

 

 

La médiation, un outil au service de la RSE ?

En 2017, les problématiques relationnelles, comprenant notamment les conflits avec la hiérarchie et avec les collègues, ont été la première source de souffrance au travail et ce, avant même le burn-out.[1]

Les managers se trouvent souvent démunis face à des situations conflictuelles dont ils sont parfois partie prenante ; leur crédibilité en souffre ainsi que la productivité des équipes. Faire intervenir un professionnel de la relation, extérieur à la situation, peut alors permettre de restaurer le dialogue et d’éviter une souffrance supplémentaire, voire une rupture du contrat de travail.

 

En quoi consiste la médiation ?

Face à une relation interpersonnelle conflictuelle, le RH ou le dirigeant de l’entreprise peut faire appel à un médiateur tiers, professionnel, impartial et indépendant. La médiation est un échange entre des personnes en situation de conflit facilité par le médiateur qui les aide à s’écouter, s’expliquer, mieux se comprendre, et décider ensemble comment résoudre leur problème ou améliorer la situation.

Toute médiation est basée sur une démarche volontaire des personnes, libres d’arrêter à tout moment. Le médiateur, extérieur à l’entreprise, crée un espace de discussion particulier au sein duquel chacun peut s’exprimer sans crainte, retrouver un sentiment de compétence et accepter d’entendre un autre point de vue que le sien. Les participants peuvent alors, en responsabilité, élaborer ensemble une issue au conflit.

 

Quel intérêt pour l’entreprise de proposer une médiation ?

L’entreprise peut proposer rapidement la médiation, évitant ainsi une diffusion en interne, voire une extériorisation du conflit. Le climat social, ainsi que l’image de l’entreprise, sont préservés.

En améliorant le bien-être, la médiation permet de limiter la démotivation et l’augmentation du taux d’absentéisme.

Le coût d’une médiation est maîtrisé et bien inférieur à celui d’une procédure judiciaire, toujours plus longue.

La médiation traite la relation : la communication est rétablie, le dialogue restauré. Le conflit est traité dans toutes ses dimensions.

Des solutions concrètes et durables, car satisfaisantes pour tous, adaptées et sur-mesure peuvent être élaborées.

 

Quand proposer une médiation ?

La médiation est intéressante dans tous les conflits entre personnes, particulièrement lorsqu’elles sont amenées à rester en contact : entre collègues, entre responsable hiérarchique et subordonné, au sein d’une équipe ou entre services, … Elle peut être réalisée à tous les stades du différend.

Pour accompagner un projet, lors d’un processus de changement (rachat ou transmission d’entreprise, restructuration, déménagement, … ), la médiation permet d’anticiper et de prévenir les difficultés relationnelles en clarifiant les besoins et intérêts de chacun et en définissant des objectifs communs pour une meilleure coopération.

 

 

[1] D’après une étude de la plateforme d’écoute Pros-consulte relayée par lefigaro.fr, 30/01/2018

Se laisser surprendre par ce qui va bien

Genèse

Samira se cherche, souhaite se recentrer, retrouver un état d’esprit positif et objectif pour prendre la décision de quitter son travail actuel.

Croissance

Samira décide de participer à l’atelier Solidités®, cela fait sens car elle en fait un outil d’aide pour prendre sa décision.

Alors qu’elle n’en savait pas grand-chose, elle fait confiance ! Le mot Solidités® lui parle.

Elle intègre donc un groupe de 6 personnes venant d’entreprises différentes, de tout secteur d’activités, avec des profils variés. Dans ce collectif, elle se sent moins isolée, plus forte car il y a une forme de prise en charge, d’écoute de partage bienveillant et neutre sur ce qui va bien. Le retour de chacun lui fait dire qu’elle est comme les autres.

Samira connaissait ses points forts mais à cause de sa dernière expérience professionnelle, en avait perdu la trace.  Elle les redécouvre ! Les mots donnés et reçus l’ont rejointe. Revécues au travers de ses réalisations probantes antérieures, elle les avait oubliés. Elle accepte, accueille. A la fois gênant et plaisant, cela lui donne de l’énergie

Les moments forts dit-elle, c’est le premier tour qui l’a bousculée, l’a sortie de sa zone de confort. En effet, il y a des choses qu’elle n’osait pas, comme parler de soi, exprimer ses points forts et ce qui va bien. Elle réapprend à prononcer le « je », qui la recrée !

Grâce à sa participation, elle réalise qu’elle peut s’en sortir et décide de quitter son boulot qui la bloque. Ce choix, elle le fait seule !

Maturité

Samira, que fais-tu de cet atelier aujourd’hui ?

  • « Je dédramatise »
  • Je me pose
  • J’écoute
  • Je relativise

Peu après nos rencontres, j’ai un accrochage avec ma voiture, heureusement rien de grave ! Je reste au téléphone avec dix services pendant deux heures ! J’ai été patiente alors que je ne le suis guère !

« En plus de décider de quitter mon travail, j’apprends à me poser car quand je vais vite, je peux mal juger. Je vois les choses différemment, je mesure mieux ce qui est important. L’écoute est un cadeau ».

 

Samira a rejoint Grandir !

 

L’entretien annuel : une pratique à abandonner ?

Depuis la publication d’un article d’HBR (Harvard Business Review avril 2015, N°93, 4 p40 à 50), la performance review (c’est le nom américain de l’entretien annuel) a été presqu’officiellement remise en cause.

Elle semble, en effet, bien peu compatible avec les philosophies d’entreprise libérée ou avec l’économie digitale (start-up,…). D’ailleurs, Google ou General Electric a cessé d’en faire une obligation aux managers comme aux salariés.

Fondement de l’entretien annuel

Rappelons le fondement de ce rendez-vous, inscrit dans la hiérarchie, entre n et n+1. C’est une rencontre mise en place tantôt 1 fois par trimestre, souvent 1 fois par an, et parfois 1 fois tous les 2 ans, au cours de laquelle les deux interlocuteurs font le point des performances du salarié. Ce rituel s’adapte à la vision de la performance et de son accompagnement, vision qui s’avère réellement variée d’une entreprise à l’autre, d’une époque à l’autre voire d’un leader à l’autre. Pour être complet, il semble nécessaire de rappeler qu’en France au moins, la loi impose aux entreprises un entretien professionnel tous les 2 ans, celui-ci sert à estimer les besoins en formation, les acquis par l’expérience et les aspirations d’évolution du salarié. Normalement, cet entretien professionnel est différent de l’entretien d’évaluation, ce qui n’est pas facile à faire : dans la vie réelle, un sujet entraîne l’autre.

Une démarche remise en question

Mon propos n’est pas ici d’analyser les raisons du désaveu de l’entretien annuel, si cet aspect vous intéresse je vous renvoie à cet excellent article de RH info mais plutôt de témoigner comment cette pratique trouve sa place dans les entreprises en croissance : les start-up qui deviennent scale-up, les TPE qui deviennent ETI, bref toutes les entreprises où la question de la coordination[1] se pose.

Dans ces entreprises en effet, il arrive un moment où l’enthousiasme des premiers temps s’étiole au fur et à mesure que le nombre de salariés s’accroît. Viennent alors les premières démissions surprises qui voient partir des personnes sur lesquelles on comptait. Et les observateurs attentifs remarquent aussi qu’émergent des postures manifestant qu’un esprit désabusé s’installe sournoisement chez certains.

Pour faire face à ce genre de dérapage, je constate fréquemment que l’entretien annuel est utilisé comme remède par certains dirigeants. Combinant l’entretien dévaluation et l’entretien professionnel, ils incitent à engager une rencontre d’écoute du salarié sur ces conditions de travail et son aspiration. Ils ne s’intéressent pas alors à une standardisation des évaluations de chacun qui aurait pour principal objectif de justifier les écarts de primes et d’augmentation. Non, ce qui les intéresse alors, c’est de demander à chacun des salariés de se projeter dans un avenir au sein de leur entreprise mais en tenant compte de l’évolution de celle-ci.

La vision des salariés de leur entreprise

Jusqu’où va cette interrogation des salariés sur l’avenir de leur entreprise ? Je constate que certains dirigeants savent rester très ouverts aux propositions même inattendues. Non seulement, ils sont ouverts mais ils encouragent le sujet qui fait partie intégrante de l’échange. Le salarié s’entend poser la question : « comment vois-tu l’évolution de l’entreprise ? » suivi de « dans une telle évolution, qu’aimerais-tu faire alors ? »

J’entends aussi plusieurs cadres et dirigeants s’indigner de cette ouverture faite aux salariés car pour eux, « la vision est l’apanage du dirigeant ». La réalité à l’usage, c’est que l’un ne nuit pas à l’autre. En revanche, si tous les salariés ne manifestent pas des prédispositions à se projeter sur un avenir différent de ce qu’ils connaissent ; ceux qui le font sont bien intéressants à identifier. Quant aux autres, ils prennent plutôt bien cette question.

 

[1] La coordination entre les différentes activités de l’entreprise, étudiée par H. Mintzberg, est une base de l’organisation qui se transforme le plus quand l’entreprise grandit.

Du bénéfice d’accueillir des «startuppers»

Leur premier est le « booking » de la location d’espace de séminaires.
Leur deuxième est l’« airbnb » de la location de piscine.
Notre troisième est une société de ressources humaines et solidaire
Notre tout est la chance de la rencontre !

Que partageons nous avec « Alfred Meeting » ou « Swimmy »?

Ils sont jeunes, dynamiques, aventuriers, souples, travailleurs, simples et heureux !

Nous sommes seniors, sages peut-être, expérimentés et comme eux dynamiques, aventuriers, souples, travailleurs, simples et heureux !

Leurs piliers : l’aventure humaine, voir loin, profiter de la croissance, être libre, se mettre au service d’un projet, être responsable de leurs choix.

Nos piliers, en plus des leurs que nous partageons déjà, nous nommons les Solidités®, la bienveillance sans complaisance, la liberté intérieure, la solidarité. 

Que faisons-nous ?

« Alfred Meeting », créé en septembre 2016 par Gabriel, Hubert et Thibault, digitalise les évènements professionnels. Vous avez besoin d’organiser séminaires, réunions, workshops, team building, « Alfred Meeting » est à votre service via sa plateforme et par téléphone ! Ils vous accompagnent dans vos choix. Au bout d’un an, ils atteignent 1 000 K€ de CA et ont plus de 100 clients.

Et puis, si vous souhaitez piquer une tête dans l’eau…

« Swimmy » : lancé en juillet 2017 par Raphaëlle, digitalise les piscines privées creusées et celles des hôtels pour les louer à des particuliers. 300 transactions dès août 2017, 2 400 utilisateurs.

« Grandir » : société de ressources humaines et solidaire, existe depuis 23 ans sur un mode entrepreneurial. Ses spécificités sont l’accompagnement, le coaching, la formation, l’excellence opérationnelle. Son point d’appui principal : partir de ce qui va bien. Voir le positif.

Qui sommes-nous ?

Eux : de profil ingénieurs et école de commerce, ils ont entre 28 et 32 ans. Enthousiastes, ils mettent à profit leur période de chômage pour entreprendre. Ils réinvestissent dans leur entreprise, s’autofinancent et embauchent des stagiaires.

Nous : comme eux, de profil ingénieurs et école de commerce, plutôt entre 40 et 67 ans. Toujours enthousiastes et passionnés.

Que nous apprennent-ils ?

  • Tu as une idée !…
  • Teste là avant d’investir, confronte-toi au client car la vérité vient de lui. Ne fais rien avant d’avoir des clients !
  • Affine ton offre et fais-la évoluer en fonction de la demande
  • Rencontre d’autres startups
  • Partage avec des personnes qui te donnent des informations qui sont à un niveau plus avancé ou qui sont au même niveau que toi
  • Pour lancer une plateforme, pas forcément besoin d’être développeur confirmé, utilise des plateformes « clés en main » pour commencer et améliore là en fonction des retours clients !
  • Avance par palier
  • Sois humble

 Que leur apprenons-nous ?

  • Sois confiant
  • Lâche prise
  • Utilise le réseau
  • Exprime tes besoins
  • Écoute toi
  • Sois attentif à l’équipe
  • Sois toi-même en vérité
  • Si tu as un doute viens nous voir

Ce que nous aimons ensemble

Ils aiment chez Grandir l’espace, l’échange, la richesse d’être avec des personnes qui ont de la « bouteille » et de la sagesse, peut-être.

Nous aimons qu’ils partagent leurs expériences avec les personnes que nous accompagnons. Ces jeunes nous stimulent,  ils sont impliqués. Qu’ils nous partagent leur enthousiasme et leurs questionnements.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de nos choix, ensemble nous continuons à « Grandir », nous apprenons, nous construisons avec sens : ces projets nous stimulent, ils se déploient au travers d’une vision globale.

Pour toi futur startupper, rappelle-toi :

  1. teste le terrain
  2. prospecte d’abord sans créer ta boîte
  3. entoure-toi de personnes ressources
  4. confronte tes idées
  5. fais-en sorte que les associés aient des compétences complémentaires, n’oublie pas le commercial !
  6. sois ouvert à l’évolution de ton projet
  7. donne-toi à plein temps
  8. fais de la publicité (communiqués de presse et télévision) : engendre du Buzz

 

(Re)devenir ce que je suis grâce à mes solidités®

Les participants sont invités lors d’ateliers de deux demi-journées à partager des expériences professionnelles qui fourniront le matériau à partir duquel seront identifiées les solidités sur lesquelles chacun peut s’appuyer.

Préambule
Ce mot « Solidités », peu employé et peu marchand, sinon dans un contexte spécialisé, est emprunté au latin « solidus « dense, massif, consistant ». Le sens figuré qui en découle est « ferme, inébranlable, que rien n’entame ».

En développement personnel, une solidité, est un élément inhérent à la personnalité, une attitude naturelle qui met en paix et donne la sensation d’habiter son corps et sa vie. En d’autres termes c’est une qualité fondamentale avec laquelle nous sommes nés.

Prenons une métaphore : les solidités sont les racines de l’arbre (imaginez les racines de ce chêne !), les branches déploient les solidités au travers des compétences.

La somme de nos solidités constitue notre « roc d’être » ou notre « force d’être », base solide, constituante et sécurisante de la personnalité : « ce que nous sommes fondamentalement et naturellement, ce que personne ne peut nous enlever ».

Dans notre environnement complexe, mouvant, en manque de repère, hyper connecté, cette proposition de prendre du temps, un temps hors du temps et qui traverse le temps offre une pause. C’est un cadeau donné et reçu pour enrichir sa confiance en soi et oser être soi-même.

Tout part d’un désir
Désir de l’animateur de faire grandir, désir du candidat de grandir en lâchant prise, désir partagé de regarder ce qui va bien !

L’animateur allie, fermeté, bienveillance, attention à chacun et au groupe, maîtrise de la méthode, rigueur du timing. Il est tout simplement là pour faire éclore.

Une approche appréciative grâce à un travail de mémoire et de libération de la parole, la personne liste, nomme et regarde ses réussites à travers un double miroir : je me regarde et me laisse regarder, avec bienveillance et sans complaisance. J’apprends à m’accueillir et à accueillir pour être en vérité. « Je vais vers moi », pour aller libre vers l’autre.

Mots de la fin

  • « Je repars avec des qualités confirmées ».
  • « Je me sens belle avec moins de doute, j’accueille les cadeaux ».
  • « Je repars touché par la grandeur des échanges qu’on a eus ».
  • « Je repars avec ce que je vais en faire ».
  • « Je repars avec plus de lumière sur mes Solidités et avec un désir de les entretenir ».
  • « Je repars optimiste, avec des outils quand cela ira moins bien ».
  • « Je me souris à moi-même »…

En savoir plus sur notre méthode Solidités®

« Le lâcher prise »

Dans nos vies personnelles et professionnelles le sujet du lâcher prise est omniprésent, il est intrinsèquement lié à la prise de décision, à la confiance, au choix, à la liberté, à l’acceptation, à la rupture, au changement, au sens, à la créativité, au pardon, à la joie…

Ce thème m’intéresse car il est axe de progression interpellant !

Cependant, comment aborder ce thème sous un angle original, pédagogique, concret, poétique même ? J’ai cherché… Et me suis dit que l’art pouvait donner des clés. Alors, c’est en m’arrêtant sur le violoniste bleu de Chagall que je souhaite vous solliciter et partager ma réflexion.

En introduction, un rappel étymologique me semble éclairant.

Le dictionnaire du CNRS précise que le verbe lâcher vient du latin laxare : « détendre, (re)lâcher, desserrer ; se détendre ». Dans notre contexte c’est l’action de lâcher, de laisser partir. A l’opposé, Le verbe prendre vient du latin prehendere, « prendre, saisir, s’emparer de ». En rassemblant ces deux mots contraires nous arrivons à la définition du Lâcher prise : Cesser de tenir quelque chose, cesser de s’accrocher à quelque chose.

Maintenant, revenons pas à pas  à notre contemplation!

À toi de jouer (ne regarde pas mes réponses avant d’avoir réfléchit aux tiennes !).

Tu te tiens devant le tableau et :

  • Tu te laisses surprendre, premiers pas du lâcher prise…
  • Tu prends le temps, ce mot résonne encore… Prendre le temps… Deuxième pas du lâcher prise…
  • Tu regardes, troisième pas du lâcher prise…
    • Que vois-tu ?
    • Que ressens tu ?
    • Qu’est-ce qui te touche ?
  • Tu lui parles,
    • Que dis-tu ?
  • Tu t’écoutes
    • Quel lien fais-tu avec le lâcher-prise ?
    • Quel lien fais-tu avec ta situation aujourd’hui ?

A mon tour !

Tout d’abord, si je me suis laissée surprendre c’est que j’ai une attitude d’ouverture.  Je me dis tiens c’est nouveau, c’est étonnant, détonnant, audacieux !

Je prends le temps : Je m’arrête un moment et je me laisse pénétrer par les formes, les couleurs, l’espace, les objets, la musique, l’atmosphère. Je ne pense pas encore, je vibre.

Je regarde : Il fait nuit, nuit bleutée, froide. Je vois au centre de cette obscurité glaciale, un violoniste chaleureux, en vert, rouge, orange, ocre, blanc prenant tout l’espace en diagonal, instable, assis sur un tabouret entre terre et ciel. Tout en jouant il me regarde de profil avec un œil grand ouvert en souriant. Il m’invite à la fête !

Je vois sa main blanche disproportionnée qui touche plutôt qu’elle ne tient l’archet du bout des doigts, joue-t-il avec un gant ? Où se cache l’autre main ? Comment le violon tient-il ?

Quel vêtement porte t’il autour de sa taille ?

A sa droite, un bouquet de fleurs et la lune illuminent l’atmosphère, les couleurs chatoyantes me donnent de la chaleur, elles sont un hymne à la vie. Trois oiseaux se sont posés sur lui, peut-être des colombes. Deux d’entre elles, couleur nuit, sur sa jambe, imbriquées dessinent une coupe… L’autre, immaculée fait échos à la main. Les ailes déployées :  vient-elle de se poser ou s’apprête t-elle à repartir ?

Je tente un dialogue improbable : « Comment peux-tu jouer les jambes croisées en me regardant en même temps ? ».  C’est que pour lui, tout est possible.

Je reviens à ma propre vie et je m’écoute ; je fais le lien avec le lâcher prise : Chagall est ce violoniste, il prend parti pour une peinture hors norme, hors du temps, à son image, laissant éclater son identité, en liberté !

Et moi, à quel moment est-ce que je m’autorise à lâcher prise ?…

Lorsque j’accepte dans certaines circonstances de ne pas avoir le dernier mot, lorsque je donne le temps au temps alors que je suis très tournée vers l’action, lorsque j’accepte l’échec et que j’en tire le positif, lorsque j’accueille mon imperfection, lorsque je reste ouverte à la vie telle qu’elle m’est offerte,

Lorsque je suis moi-même … Lorsque…

C’est alors que j’avance, que je fais avancer les autres et simultanément que le pardon et la joie peuvent surgir.

Me reviennent en mémoire ces grands stoïciens :

« Ne cherche pas à faire que les événements arrivent comme tu veux, mais veuille les événements comme ils arrivent, et le cours de ta vie sera heureux. » Epictète.

 « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. » Marc Aurèle (Pensées).

Je sors du « burn-out »

Qui m’aurait dit, alors que j’entrais dans la vie professionnelle, que je craquerais d’une façon aussi brutale.
Grande école, passage obligé dans une grande université anglo-saxonne, puis très vite en responsabilité de management et détecté comme haut potentiel (HP), tout allait bien.

Belle carte de visite aussi dans un groupe mondial de premier plan, en croissance rapide à 2 chiffres, gros salaire autorisant voyages, investissements immobiliers et dans la foulée je rencontre l’âme sœur, nous convolons après quelques années de vie commune, 2 enfants. Tout va bien.

Un vendredi matin, après être arrivé au bureau et passé échanger quelque mots à la machine à café, je prépare mes dossiers et pars voir un client important.

Dans ma voiture, arrivé sur le parking du client je ne sais pas ce qui me prend : j’éclate en sanglots, une vraie fontaine ! Incapable de bouger, de réagir, je mets plus d’une heure pour reprendre mes esprits, du moins je le pense … car je me retrouve chez moi sans savoir comment.

De retour, mon épouse s’étonne de me voir si tôt. Elle n’aurait pas dû me questionner. J’éclate à nouveau en sanglots, hoquetant, n’arrivant pas à retrouver mon souffle, encore moins parler.

Lundi matin, après un WE prostré, je suis incapable d’envisager de retourner au bureau. Je ne les appelle pas non plus. Je vais voir notre médecin de famille qui diagnostique une très grosse fatigue liée au stress. Il m’arrête 10 jours.

Cela ne m’est jamais arrivé, je suis fort, une « bête de travail » comme disent mes collègues et mes collaborateurs. Et là je ne comprends pas, je culpabilise, que m’arrive-t-il ?

Puis cela dégénère, je ne dors plus, je broie du noir, je passe de la colère à ….

Notre médecin m’adresse vers un collègue psychiatre qui, identifie une très grosse dépression subite : Le « burn-out ». Il me prend en main, m’hospitalise, ordonne cure de sommeil et médocs. 

Après 15 jours, il m’interroge : je raconte mon cadre professionnel, familial, social. Il me fait prendre conscience du rythme infernal que je me fixe : ambition, besoin d’être reconnu, impatience et exigence, challenges successifs, ce n’est jamais assez, toujours plus, au delà de ce qui m’est demandé. Bien sûr, je dois être parfait!

Le corps a lâché, il ne veut plus suivre.

Je remonte la pente, du moins je le crois ! 

Au retour des vacances je retourne travailler. Accueilli par mon patron et mes collègues, tous attentifs et bienveillants, je me rends rapidement compte que je n’ai plus cette dynamique d’avant. Je pars travailler sans envie. Où est passé ma « niaque » ?

…….

Le descriptif ci-dessus synthétise plusieurs éléments réels, rencontrés au fil de notre expérience.

L’origine d’un « burn-out » peut provenir d’une course en avant permanente, de l’incapacité de prendre du recul, souvent lié à une peur : celle de ne pas être à la hauteur, celle d’être « viré ». Ce peut-être de désespérer le bout du tunnel, ou avoir pour origine des raisons personnelles, familiales ou autres. Malheureusement aussi la pression d’un environnement délétère, générateur de culpabilité, d’angoisse, peut entraîner un basculement, ou ouvrir « blessure incomprise, inconsciente ».

A partir de là, que peut-il se passer (sans aller jusqu’au suicide) ?

    • La dépression longue, latente, rarement formulée, ni détectée qui enfonce.
    • L’isolement dans sa tour d’ivoire, le blocage des sensations, une vie conduite en force, le renforcement de la carapace … et bien souvent la rechute finalement prévisible
    • Le besoin de se rattacher à quelqu’un qui protège, qui peut conduire à une situation de dépendance

Heureusement, après une prise de conscience et l’acceptation de ses limites, permet l’acceptation, et d’oser demander de l’aide, puis un travail de mémoire autour des réalisations probantes, des réussites, des fiertés, celles que personne ne peut enlever. C’est le retour vers la lumière.

« C’est ce que j’ai fait : m’appuyer sur mes réussites, identifier mes solidités, apprendre à nommer qui je suis, au meilleur de moi, construire progressivement mon « roc d’être », ce point d’appui intérieur que personne ne peut enlever parce que c’est ‘Mon Histoire’.

S’en est suivit la prise de conscience de ma liberté retrouvée. L’expérience du ‘lâcher prise’ qui ne peut plus être oublié et est alors devenu moteur de mon progrès. »

Et cette joie de retrouver sa liberté intérieure qui rend aussi l’autre libre. Le non-verbal l’induit. En découle aussi l’énergie, le regard et l’action se tournent vers les autres et la sensation d’être utile se traduit par du bonheur.

Pour savoir ce qui nous anime, ce qui nous fait réussir naturellement, pénétrons dans notre mémoire, revisitons nos situations réussies, examinons-en les ressorts !

Se réapproprier le meilleur de nous-mêmes est un travail méthodique: identifier les petites choses ‘ici et maintenant’, se réjouir de ce qui va bien et accueillir nos limites. Choisir et apprendre à nous appuyer dessus.

Il y a des outils, des méthodes, mais surtout c’est une volonté: Voltaire nous dit : « J’ai décidé d’être heureux, car c’est bon pour la santé ! » Le bonheur est un choix !

Après un « burn-out », une profonde dépression, je m’en sors si je fais cet effort de me regarder par le « bon côté de la lorgnette », d’accepter mes limites et de ne pas hésiter à me faire aider par une personne bienveillante* … sans complaisance.

 

 * « Être écouté avec bienveillance, c’est créer un espace pour soi, un espace protégé où la parole exprimée devient parole de transformation »

7 clés pour avancer dans le bon sens

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, vous pensez qu’il est temps de changer. Mais changer quoi ? Et comment s’y prendre ?

Chacun d’entre nous a pu expérimenter qu’en regardant un sommet apparemment inaccessible il était sujet au découragement. Ou en regardant le vide sous ses pieds la peur le paralysait. Mais les grimpeurs eux le savent bien : pour évoluer il faut des points d’appui. Et savoir les utiliser sereinement mène très loin !

Alors au fond, nous n’avons pas le choix : pour évoluer, changer de poste, faire progresser ses équipes, oser créer quelque chose de nouveau… nous avons besoin de revenir à l’essentiel : nos points d’appui, ce que nous appelons chez Grandir, nos « Solidités ». C’est vrai autant pour les personnes que pour les organisations.

Je cherche et je nomme mes points d’appui, mes Solidités

L’exercice consiste à passer en revue son histoire et à identifier des « réalisations probantes », des situations de réussite, qu’elles soient professionnelles ou personnelles dans le cas d’un individu, qu’elles soient collectives pour une équipe en entreprise par exemple.

Je regarde ce que je mets en œuvre naturellement, quelquefois inconsciemment, quand je réussis quelque chose. Je nomme et j’empile toutes ces petites pierres : par exemple, je suis créatif, généreux, relationnel, je m’engage, j’ai de l’énergie… Ce faisant je construis un Roc d’Etre, que personne ne peut m’enlever.

Je regarde ma situation avec bienveillance

Ayant appris à accepter dans mon histoire ce qui va bien, je retrouve ma liberté intérieure.

Sur mon Roc d’Etre, je suis en sécurité, je peux alors regarder sans danger ce qui ne va pas dans ma vie (d’individu ou d’organisation), sans jugement, simplement. Je peux aussi accueillir mes désirs profonds et oser formuler ce qui aurait du sens pour moi aujourd’hui. Celui qui a retrouvé sa liberté intérieure peut aller au large, avancer, progresser.

Je pose des actes

Il a fallu 20 ans aux amoureux de l’Hermione pour arriver à faire revivre ce bateau et partir sur les traces de Lafayette. Atteindre un objectif ne s’improvise pas et nécessite une feuille de route ou un plan d’action : les moyens à mettre en œuvre, les personnes à contacter, les délais que je me fixe, les critères de choix, etc… Ensuite, « j’mets un pied devant l’autre, sans penser à demain », suggérait déjà le chanteur Jean-Pierre Mader.

J’accueille les imprévus sereinement

La mer va forcément s’agiter à un moment ou à un autre. L’inquiétude, pointer son nez plus ou moins violemment. C’est lorsqu’il se prit à douter, nous dit la Bible, que St Pierre marchant sur l’eau commença à s’enfoncer ! Pour nous, c’est le signe qu’il est temps de revenir à son Roc d’Etre, de relire ses Solidités, de retrouver ses points d’appui, de regarder ce qui va bien.

Je choisis d’être positif

Se plaindre est une attitude héritée de l’enfant : dépendant à 100%, l’enfant pleure pour faire savoir qu’il a faim, qu’il a mal, que quelque chose ne va pas. Petit à petit, il apprend à devenir adulte, autonome, investi dans sa vie. Qu’est-ce que je peux faire pour moi aujourd’hui qui ne dépende pas des autres ? Et si l’autre fait quelque chose pour moi, alors c’est un cadeau et j’apprécie d’autant plus.

Mieux : je choisis aussi de formuler mes phrases de manière positive !

Je vérifie l’effet papillon

En 1972, le scientifique américain Edward Lorenz s’interroge : le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ? Il pose ainsi les bases de la théorie du chaos, « à savoir qu’une infime variation de paramètre à un moment donné peut faire varier énormément le résultat final ». Rien qu’en portant un regard positif sur soi et sur les autres, nous exprimons un « non verbal » accueillant et attractif, une dynamique que notre environnement perçoit inconsciemment, que ce soit notre famille, nos collègues ou même nos clients.

Je peux être fier d’avoir initié le cercle vertueux de la croissance

Quand je grandis, je fais grandir mon équipe (ou mon entourage). Grandie, mon équipe amène mon entreprise à grandir, et elle-même me fait grandir. Pour rester dans ce cercle vertueux, nous vous proposons de vous habituer à identifier chaque jour 3 choses positives de votre journée, et à remercier la vie pour cela !

Le bonheur est d’abord un choix. Ensuite, un acte de volonté. Comment allez-vous remplir les pages blanches de cette année toute neuve ?

Témoignage de Marc, cadre de 46 ans : ne cherchez plus de CDI !

Je vous livre mon petit secret pour trouver rapidement un poste : ne cherchez plus de CDI !

Démonstration : j’ai répondu à une sollicitation pour une mission temporaire dans une société de conseil en France. Après le premier entretien, au vu de mon profil, on m’a parlé d’un poste de Directeur Technique qui était tout juste en création en Allemagne et après quelques entretiens téléphoniques, bingo ! Je décroche ce poste : c’est un CDI ! Ils n’ont même pas publié d’offre pour recruter.

Parallèlement, j’avais aussi un simple entretien dans un cabinet de recrutement où le consultant m’avait fait venir en me précisant bien qu’il n’y avait pas de poste pour moi, « juste pour faire connaissance ». Dès que j’ai dit que j’étais ouvert à des missions d’intérim management, il m’a répondu : « dans ce cas j’ai plein de choses pour vous » !

Je suis donc allé à un RDV pour un CDD dans un groupe de BTP. Après l’entretien avec le futur responsable, qui a duré 2h30 au lieu d’une heure, le CDD était passé de 18 mois à 3 ans ! Convocation alors pour un entretien avec le DG afin de définir avec lui la feuille de route pour les trois prochaines années…

Renaud* avait donc raison : j’avais même le choix !

J’ai pris le cabinet de conseil allemand tourné vers l’aéronautique qui est plus mon secteur de prédilection que le BTP.

Moralité : en ne cherchant pas de CDI on trouve des …. CDI !

L’analyse du coach :

L’expérience que Marc nous livre est finalement celle du lâcher prise : j’accepte de remettre en cause mes certitudes, j’accepte d’élargir mon horizon, j’accepte même une certaine instabilité. C’est quelque chose de possible dès lors que l’on a retrouvé sa liberté intérieure et la confiance en soi. La  moralité est surtout : pour trouver il faut chercher mais oser chercher différemment !

*Renaud du Mas de Paysac, président-fondateur de Grandir

Lisez nos articles du blog

Témoignage d’Hélène Guido Halphen

ll y a 6 ans Hélène Guido Halphen [1] a suivi le parcours Tremplin. Un parcours, qui vise à prendre de la hauteur pour que chaque participant définisse un projet professionnel qui l’aidera à piloter sa 2ème partie de vie professionnelle. Ce parcours s’appuie en particulier sur un groupe, tissant des relations fortes. Pour Hélène, des contraintes personnelles l’ont obligée à l’emprunter en format hybride : principalement via une visio (de l’époque !) mais aussi, en venant participer à 2 séances pour rencontrer réellement les autres membres de son groupe.

Que venais-tu chercher en rejoignant ce groupe ?

J’étais convaincue de la puissance du collectif car j’avais déjà participé à un groupe de ce type des années avant. Je savais combien il est important d’intégrer un collectif dans ces moments de remise en cause.

Pour moi, se décentrer de soi, en s’intéressant à l’autre, permet (paradoxalement) de se recentrer.

J’étais aussi dans un processus de transition passant d’un métier (de DG) à un autre (l’accompagnement).

   

J’ai suivi le parcours qui était mixte : la plus grande partie du groupe se retrouvait à Paris en présentiel et moi j’étais en distanciel, sauf quelques fois pendant lesquelles j’ai pu venir.J’ai ainsi surtout tissé un lien avec le collectif plutôt qu’avec chacune des personnes en particulier. Cela tient aussi probablement à mon tempérament.

Mais il est vrai que lorsque je suis venue, en particulier pour la soirée de clôture, j’ai senti la toute la dynamique et la cohésion du groupe, et je me suis sentie un peu dedans, un peu sur le côté.

Quels efforts particuliers as-tu déployés pour t’engager dans le groupe et y tisser des relations ?

J’ai une bonne capacité de concentration, je me suis appuyée sur ce talent pour participer à distance au parcours. (Et en effet, vu de l’autre côté, celui des parisiens, Hélène se caractérisait par sa présence et la pertinence de ses interventions même si parfois, elle devait demander de répéter).

Maintenant pour faciliter cette concentration, je prenais un soin particulier à mon environnement : rien ne devait me distraire ni me déranger. Ainsi je facilitais mon effort pour « m’accrocher ».

Comment évaluerais-tu ces relations maintenant que 6 ans ont passé ? 

Je n’ai pas gardé de lien particulier avec l’un ou l’autre et je sais que certains se voient encore voire s’entraident toujours. Ma relation a été tissée avec le groupe, c’est peut-être en partie dû au distanciel mais aussi à mon tempérament. Mais quand l’occasion se présente, c’est avec beaucoup de plaisir que nous nous recroisons et surtout, rapidement nous retrouvons cette connivence créée à travers le parcours.

Une fois le parcours terminé, j’ai éprouvé le besoin de continuer avec des groupes souvent locaux ou, en distanciel, plus petits. Par ailleurs dorénavant, je reviens plus facilement à Paris.

Quelles recommandations ferais-tu à ceux qui intègrent un groupe en restant en grande partie en visio ?

D’abord, ce format proposé est une ressource de Qualité et il vaut mieux ne pas gâcher cette opportunité.

Donc je ferai 2 suggestions :

  • La taille des groupes : c’est plus facile en groupe animé en plusieurs modalités, que le groupe ne soit pas trop important.
  • Il est stratégique de bien choisir ses participations en présentiel : je pense que la séance de lancement ou la seconde séance sont très importantes.

Propos recueillis par Marc-Antoine de Bagneaux

[1] Hélène Guido Halphen est coach de dirigeants, administratrice indépendante et ancienne dirigeante d’entreprises des secteurs agricoles et agroalimentaires. Forte de plus de 30 ans d’expérience au sein de groupes internationaux, de coopératives et d’entreprises en croissance, elle accompagne les dirigeants et leurs équipes dans les enjeux de leadership, de gouvernance et de transformation. Passionnée par le développement des femmes, des hommes et des organisations, elle place l’humain au cœur de la création de valeur et de la réussite collective.

Ce que signifie la « relation » pour Benjamin

Nous avons invité Benjamin [1] à nous partager ce que signifie « la relation » pour lui.

Qu’est-ce qu’être en relation ?
Je n’aurais pas fait mes choix professionnels si je n’étais pas attaché à la relation.

De nature réservé et introverti, pour autant, ce n’est pas pour cela que je n’ai pas besoin des autres, bien au contraire. Pour être en relation, il faut d’abord qu’il y ait une rencontre. On peut croiser des gens toute la journée au boulot ou dans la rue, s’il n’y a pas ce moment de connexion et de rencontre qui se fait, cela ne marche pas.

Ce qui implique la rencontre, c’est l’occasion, le prétexte, une posture pour permettre qu’elle se passe. J’ai été très marqué dans ma vie personnelle car j’ai rencontré la femme qui allait devenir la femme de ma vie par une mise en relation d’une amie qui me dit un jour : « pour des questions de boulot, pourrais-tu la recevoir ? »

J’ai tendance à répondre oui dans ce genre de circonstance pour aider, sans arrières pensées bien entendu.

La rencontre s’est faite et il y a eu une connexion qui a fait que très rapidement, cela a dépassé l’objet même de notre discussion et de notre rencontre.

C’est devenu presque une évidence.

Ce n’est pas toujours faisable d’être ouvert, d’être à l’écoute et de pouvoir exister dans la rencontre. Dans la relation, il s’agit de prendre l’autre comme il est, comme un être à part entière et d’être ouvert aux échanges, aux surprises, aux connexions qu’on n’avait pas imaginées.

Dans mes expériences d’accompagnement collectifs pour chercher du travail par exemple, nos expériences multiples résonnent chez les uns et les autres de manière différente ; être à l’écoute de ces résonnances est important et contribue à la construction d’une relation sinon, on passe à travers car les connexions ne se font pas, par manque de temps, ou de disponibilité mentale.

Si je fais le parallèle avec le secteur social et caritatif dans lequel j’évolue : on doit être en relation avec les personnes à part entière, c’est absolument essentiel pour ne pas être uniquement dans un rôle d’assistance et d’aide mais surtout dans un rôle d’écoute de façon à les mettre dans une posture de choix. On peut se satisfaire d’une relation qui n’est pas équilibrée même si la personne a des besoins et des attentes, elle n’est alors pas juste.

Dans le rôle de manager, la relation managériale n’est pas uniquement conditionnée par la position hiérarchique et la fiche de poste, mais également par des interactions qui se nouent. Dans le caritatif celui qui donne n’est pas uniquement celui qui apporte de l’assistance mais c’est aussi la personne qui se laisse aider qui apporte aussi des choses.

Lorsque je travaillais dans le conseil en relation clients, tous les enjeux étaient de dépasser les simples niveaux d’interactions et de transactions : je te donne, tu me donnes quelque chose, je reçois quelque chose.

Nous cherchions à trouver « le sel » qui rendait plus humaine la relation client.

La relation est une alchimie qui est extrêmement précieuse.

Comment mesures-tu la réussite d’une bonne relation ?

Peut-on appliquer une notion de résultat ou de performance à la relation ?

La relation ou la connexion se fait ou non ; est-elle juste ou tronquée ? Y a-t-il une évidence de la rencontre ?

La relation se mesure dans la durée car elle s’entretient.

Une relation est bonne lorsque l’on a la capacité de se dire les choses, de se sentir soi-même authentique sans craindre une incompréhension une mauvaise interprétation, une peur de se faire manipuler quand bien même il y ait des désaccords. Pouvoir se parler dans une zone de sécurité et de respect de l’autre.

Cela ne nécessite pas de se voir souvent ; en amitié, la bonne relation demeure même lorsque l’on ne se voit pas régulièrement.

Il y a des personnes avec lesquelles nous aimerions être plus proches ou être plus en contact régulièrement mais cela ne se fait pas.

Quelles sont les raisons qui font que c’est important pour toi ?

Notre modèle de société montre qu’il faut être le super homme, la super femme, se construire tout seul, être bon à l’école, être performant et ne le devoir qu’à soi.

Une autre posture est de se construire avec les autres ou grâce à nos rencontres.

Des personnes ont un relationnel plus ou moins facile. Il y a des interactions et des rencontres marquantes qui restent dans les esprits, qui construisent. Il y a des relations positives et négatives qui peuvent affecter durablement ce que l’on devient. Et c’est ce qui fait notre Humanité avec un grand « H ». C’est à la fois hyper, complexe et hyper passionnant car il n’y a que cela de vrai finalement dans le système relationnel.

La relation demande des efforts ; écouter, comprendre un autre point de vue.

Les outils sont nombreux mais ne diminuent pas le nombre de personnes seules.

Se rencontrer, écouter n’est pas une bienveillance naïve. La vraie écoute sincère et le respect d’une opinion, des pensées de l’autre n’est pas facile face à la différence, la radicalisation, la cristallisation et la polarisation des idées.

L’écoute fonde les bases de la relation.

Qu’as-tu mis en place dans ta prise de poste récente ?

Depuis, peu, je suis davantage vigilant dans mes entretiens sur les relations en me disant bon on est pro, tout le monde va vouloir être pro donc il n’y a pas de souci sauf que particulièrement dans l’associatif, les relations peuvent être parfois exacerbées et dans l’affect.  Dans les entretiens, je suis maintenant assez sensible au courant qui passe ou qui ne passe pas.

Il faut pourvoir gérer à la fois la gouvernance et le conseil, les nouvelles équipes. Forcément, nous projetons une certaine image, elles projettent sur toi l’image du nouveau patron (celui qui a pris ta place, qui va t’embêter au quotidien…). C’est difficile de s’en affranchir pour essayer de toucher le vrai. On me donne du Monsieur le Directeur Général !  Il fut un temps ou je balayais cela de la main et à la fois, c’est plus important pour eux que pour moi et donc affranchir ces barrières ne serait pas toujours aidant.

Que dirais-tu de la relation à distance ?

Je découvre avec mon épouse une nouvelle forme de relation car je suis maintenant à Toulouse. Ce n’était pas facile de se projeter dans une organisation familiale ou l’on se voit moins souvent.
La nature de la relation change, cela impose plus de présence. On peut être au quotidien avec quelqu’un mais finalement accorder moins de présence, d’attention et d’écoute.

Dans ma prise de fonction cela me permet d’être plus concentré et de n’avoir que moi à gérer. En revanche, je mets un point d’honneur lorsque nous parlons au téléphone, quand je rentre le Week-End, d’être là présent complètement.

Investir la relation pour l’entretenir lorsqu’elle est moins régulière.

Les outils à disposition

  • Les SMS entretiennent la relation. J’aime les SMS car je trouve le téléphone trop intrusif, je ne sais pas bien dire non même lorsque je ne suis pas vraiment disponible, je dis d’accord pour 5 minutes. Le SMS est un petit clin d’œil et j’aime bien.
  • Le téléphone a un grand avantage, c’est que l’on perçoit un peu plus les non-dits et c’est absolument essentiel. Dans la rencontre physique et en visio c’est davantage possible.
  • Les réseaux sociaux, je ne suis pas un grand fan. Ils donnent l’illusion de suivre les amis. Partager des photos, des moments de vie, c’est plutôt sympa mais la connexion ne vaut pas relation, on a l’impression d’une proximité mais la réalité est tout autre.
  • Avec l’IA, on ne peut pas vraiment parler de relation parce qu’il faut quelqu’un en face qui partage des choses et qui ne fasse pas que réagir grâce aux algorithmes.

Le succès auprès du grand public, tient aux efforts que les concepteurs font pour travailler le lien, donner ce semblant de « je suis à ton écoute, tu as raison…  » Tout le côté positif et un peu caricatural de l’ami toujours disponible, avec une bonne oreille, qui écoute, qui ne parle jamais de lui, qui ne conteste que très peu pour ne laisser finalement parler que de soi.

Ce qui est bluffant, c’est la manière dont l’interaction se fait, c’est presque vouloir croire qu’ils veulent créer un lien de dépendance pour l’entretenir : c’est simple pour l’utilisateur, il ouvre son téléphone, son ordinateur et il a la réponse qu’il attend. On a l’impression d’être moins seul et d’être écouté.

Je comprends que des personnes puissent prendre l’IA pour un psy.

Les interactions avec l’IA sont unilatérales.

Une relation est nécessairement avec une personne.

Propos recueillis par Marie-Luce Barthelémy

[1] Benjamin Pruvost est dirigeant et spécialiste de la transformation des organisations. Formé au conseil, à l’innovation par le design et au management, il a accompagné et dirigé des organisations dans les secteurs privé, associatif et d’intérêt général. Après avoir notamment dirigé la Fondation pour la Recherche Médicale, il est aujourd’hui Directeur général de l’ANRAS, acteur majeur du secteur social et médico-social en Occitanie.

Convaincu que la transformation commence par la qualité des relations, il s’intéresse particulièrement à ce qui relie les personnes, leur engagement, les organisations et leur raison d’être.

La Relation Humaine : Au-delà du lien virtuel

Historiquement, le terme « relation » évoquait d’abord l’action de rapporter ou de relater des faits. Ce n’est que plus tard qu’émergea la notion de lien interpersonnel.

Selon le dictionnaire du CNRS, « entrer en relation » signifie s’accueillir mutuellement (du latin ad, lieu vers lequel on va, et colligere, recueillir) : c’est-à-dire recevoir bien ou mal une personne ou une chose qui survient, qui se présente ; se comporter devant elle d’une certaine manière.

Pour tenter d’aller plus loin : l’Homme a une capacité à être en relation qui bien que variant d’une personne à l’autre, n’en reste pas moins une constante.

Nous sommes allés fouiller chez les sociologues et les psychologues (et l’IA nous y a aidé !) pour aborder la question sous 4 aspects :

  1. Comment une relation se construite-elle ?
  2. Les différents types de relations (humaines) : vers une classification
  3. Éthique et relations
  4. Relations et IA

1. Comment une relation se construit-elle ?
a. La rencontre amorce la relation

Parlons d’abord d’une relation qui se noue entre 2 personnes. Nous verrons qu’il existe d’autres relations que cette première. Mais celle-ci vient aisément à l’esprit lorsque nous parlons de relation humaine.

La relation naît d’une rencontre, rencontre dans la vie réelle ou rencontre à distance.
Le bébé qui naît rencontre sa mère et parfois aussi son père lorsqu’il assiste à la naissance.
La personne que je croise dans la rue est aussi une rencontre.

La rencontre peut être fortuite comme volontaire
Mais la rencontre ne suffit pas à la relation.

b. Le lien : le motif de la relation ou le point de rencontre

Lors d’entretien réseau ou lors de dîners amicaux, la conversation de découverte s’oriente vers la recherche de points communs :

  • Nous avons fréquenté la même école
  • Nous sommes fans de la même équipe de sport
  • Nous travaillons dans le même secteur
  • ….

Ici la recherche du lien est une recherche de rendre l’autre aimable, à savoir « bon, agréable ou utile » selon Aristote.

Ces dimensions d’ « amabilité » sont renforcées lorsque l’échange est renouvelé par une multiplication des rencontres avec interactions de découverte des liens.

Mais la rencontre qui se consolide sur ces liens de rapprochement ne suffit pas encore à créer une relation.

c. Les interactions dans la durée créent la relation

Ce qui crée la relation, ce sont en fait les interactions dans la durée [1], plus exactement des interactions suffisamment fréquentes et perçues comme positives.

Il y a donc des mécanismes d’entretien et d’accroissement de la relation :

  • La fréquence
  • La réciprocité
  • La confiance
  • La mémoire commune
  • L’importance de l’autre
  • Les rituels et la ritualisation
  • Un projet commun
  • La réparation après un conflit
  • Et enfin, le conflit partagé envers un tiers (au point que certaines communautés se fondent sur un ennemi commun). Ce dernier point nous rappelle que toutes les relations humaines n’orientent pas nécessairement vers la bienveillance.

Cependant seuls la fréquence et le ressenti positif pour au moins l’une des deux personnes sont indispensables.

Il est donc difficile mais possible d’évaluer une relation selon :

  • Les liens initiaux et tissés
  • Les activités communes
  • Leurs fréquences
  • Mais aussi selon ses modalités (réciprocité ou non, signes de confiance, ce que chacun s’autorise ou non, son impact dans un ensemble plus grand)

2. Les différents types de relations humaines : vers une classification

En réalité, les relations ne concernent pas seulement l’évolution d’une rencontre entre 2 personnes mais aussi des interactions entre une personne et un groupe, des personnes au sein d’un groupe, entre groupes… voire même des interactions humain-animal ou humain-objet. Le surgissement des IA soulève la question de relations machine-machine.

D’où l’intérêt d’établir une cartographie des groupes et des personnes clés pour comprendre le fonctionnement d’une organisation. Il est par exemple, intéressant de repérer les personnes « pont » qui sont parfois les seules à relier un groupe à un autre.

Les quatre piliers de l’existence relationnelle

Pour comprendre la richesse de notre humanité, en simplifiant cette variété, il convient d’explorer les quatre types de relation :

  1. La relation à soi : avant de rencontrer l’autre, il faut habiter son intériorité. La connaissance de soi est le socle de toute rencontre authentique.
  2. La relation à l’univers : notre place dans le monde, notre connexion à la nature et à l’environnement façonnent notre manière d’être au monde.
  3. La relation aux autres : c’est le cœur battant de notre vie sociale, fait de dons, de réceptions et d’échanges intéressés ou non.
  4. La relation à l’invisible, au « plus grand que moi » : qu’elle soit spirituelle, philosophique ou artistique, cette dimension nous relie à ce qui nous dépasse et donne du sens à notre existence.

3. Éthique et relations

L’Homme animal social est confronté à un paradoxe apparent : si chacun gère ses relations uniquement à son bénéfice (emprise, imitation, compétition), la société risque d’exploser en conflits, si chacun s’efface dans les relations au bénéfice des autres, la durée du réseau relationnel n’est guère plus assurée.

En faisant une synthèse de Paul Ricoeur, Macel Mauss et Gaston Bacchelard, une définition de la relation pourrait être : « Donner, recevoir et répondre aux besoins d’autrui, sans condescendance, pitié ni dépendance : voilà les piliers de liens libres et gratuits qui fondent notre humanité. La véritable relation ne s’éprouve que dans la rencontre directe, nourrie par une confiance mutuelle. »

Et E. Lévinas nous rend responsable de l’autre dès que nous rencontrons sa face.

Il est probable que, au moins dans le monde du travail, nous soyons amenés à rechercher sans cesse à tenir un équilibre précaire entre des relations jugées utiles, performantes et fructueuses et des relations qui s’imposent par la nature même de notre humanité commune.

Nous pouvons néanmoins apprécier ces relations sur les critères suivants, évaluation à faire pour chaque partie :

a. La relation a-t-elle générée une interdépendance positive ? Donner, recevoir, rendre

La relation humaine est présentée comme un mouvement dynamique en trois temps : donner, recevoir et répondre.

  • L’équilibre : il n’est pas indispensable mais il est souvent souhaitable. La relation n’est en effet pas nécessairement équilibrée dans les deux sens. Pour qu’une relation existe, il faut donc accepter le risque d’être vulnérable (dépendre de l’autre, ou avoir le sentiment de donner plus et recevoir moins) et être capable de générosité (ici comprendre ne pas toujours compter et mesurer).
  • Le piège de la pitié : c’est le rejet de la « condescendance » et de la « pitié », car elles créent une hiérarchie où l’un se sent supérieur à l’autre. La vraie relation exige une égalité en dignité, ce qui ne signifie pas une égalité en pouvoir, ni même en investissement dans la relation.

b. La liberté de chaque partie et le calcul ?

Ces liens semblent devoir être libres et gratuits afin de forger notre humanité.

  • Sans dépendance : la relation ne doit pas être une aliénation ou une béquille psychologique qui prive l’autre de sa liberté.
  • Sans calcul : ce qui exclut toute forme d’utilitarisme. On ne s’associe pas à autrui par intérêt ou stratégie, mais pour la valeur intrinsèque de la rencontre.

Néanmoins, cet idéalisme s’applique mal au monde du travail en apparence, car ce qui fonde l’engagement dans la relation économique est au départ un pur intérêt calculé.

Toutefois, sans oublier cette dimension, il est possible de chercher la part de gratuité, ce qui dépasse le strict contrat et qui est fourni dans les échanges au bénéfice d’une relation humaine plus forte et plus durable.

c. La présence et la confiance

Le texte culmine sur les conditions de réalisation de cette relation : « face à face » et sur la « confiance mutuelle ».

  • Le face-à-face : cette expression d’Emmanuel Levinas, où la rencontre avec le visage de l’autre est le point de départ de toute éthique. Elle exige une présence réelle, une confrontation honnête et une écoute entière.
  • La confiance : elle est le ciment indispensable. Sans elle, le doute s’installe et détruit la gratuité du lien.

En somme, devenir humain est un apprentissage permanent qui se réalise à travers la qualité de nos rapports avec les autres.

C’est dans l’espace partagé, dans le silence habité ensemble, que se tisse la solidité d’une relation…

Négliger l’une de ces dimensions, c’est appauvrir l’ensemble de notre expérience humaine.

4. Relations et IA

Pourtant, à l’ère du numérique et avec l’essor de l’intelligence artificielle, nos interactions se virtualisent. Le contact direct s’estompe : nous accumulons des « amis » sur les réseaux sociaux sans partager d’intimité réelle.

a. Le courage de la présence

Entrer en relation demande un mouvement, un déplacement vers l’autre. Ce sont ces gestes simples ; de se lever pour accueillir, de tendre la main, de soutenir un regard qui sont des gardiens de notre humanité. Ils signifient : « je te vois, je te reconnais, tu existes pour moi. »

Dans un contexte où l’IA peut désormais générer des conversations fluides, le risque est de confondre simulation et relation. Or, la machine ne peut pas choisir la relation ; elle ne fait qu’exécuter. L’Homme, lui, choisit de se rendre vulnérable, d’offrir son temps et son attention sans garantie de retour. C’est dans cette gratuité que réside la beauté du lien humain.

b. Vers un nouvel équilibre

Il ne s’agit pas de rejeter la technologie, mais de la remettre à sa juste place : celle d’un moyen, et non d’une fin. L’enjeu des années à venir sera de réapprendre à cultiver la présence, à valoriser les rencontres physiques et à protéger ces espaces de silence et de regard où se joue notre humanité commune.

Comme le suggère le mythe de Ré et d’Isis, « l’homme vit dont le nom est prononcé ». Mais pour que ce nom ait du poids, il doit être porté par une voix réelle, dans un regard vivant.

Retrouver le chemin de la relation, c’est finalement retrouver le chemin de soi-même et des autres, dans toute notre fragilité et notre grandeur partagées.

Marie-Luce Barthélémy et Marc-Antoine de Bagneaux

 

 

[1] Baumester & Leary in PubMed Article « The need to belong : desire for interpersonal attachments as a fundamental motivation » mai 1995